L’informatique ne peut être une fin en soi

Le dossier électronique du patient en rhumatologie, avec la possibilité d’échange des données à différentes fins est en plein développement.

L’informatique ne peut cependant être une fin en soi. L’optimalisation des soins de l’arthrite est et reste la motivation la plus importante. Le FRSR a soutenu ce concept depuis le début.

Les soins d’un patient souffrant d’arthrite sont très complexes. « Le support informatique peut aider à optimaliser ces soins », dit le docteur Luc De Clercq (Sint Augustinus, Wilrijk). « Les soignants constatent cependant qu’un dossier informatique général ne permet pas toujours de stocker de manière adéquate des formulaires et évaluations de soins complexes spécifiques à la pathologie », remarque le docteur De Clercq. « Une application Web, qui est visible dans le dossier général informatique pourrait offrir un débouché et pourrait en outre également aider à mieux contrôler le ‘flux’ administratif. »

L’informatique offre en effet de vastes possibilités pour déterminer et transmettre des soins modernes, systématiques et multidisciplinaires d’une manière plus rapide et plus fiable. « En outre, il offre la possibilité de partager l’information obtenue à des niveaux multiples. »

DE L’INITIATIVE FRSR A …
« Vers 2004-2005, le FRSR a demandé le lancement d’un projet dans lequel les possibilités techniques seraient étudiées », explique Luc de Clercq. Le projet a reçu le nom de SAFE (Shared Arthritis File for Electronic use).
Un groupe de travail de rhumatologues représentatifs a déterminé le contenu (provisoire) de ce dossier sur l’arthrite. Le secteur universitaire a posé la question de l’enregistrement dans le cadre des traitements anti-TNF, principalement en vue d’une étude scientifique. « Un dossier électronique permet en effet de rassembler des données dans le cadre d’une étude scientifique. C’est bien entendu également la raison pour laquelle le FRSR a soutenu le projet dès le début. » C’est de l’INAMI qu’est ensuite venue l’obligation d’enregistrement en matière ‘d’évolution et de pronostic’ dans le cadre du traitement anti-TNF. Ici aussi, le dossier électronique peut offrir une plus-value.

PAS UN PROGICIEL TOTALEMENT NEUF
Luc De Clercq insiste sur le fait que le dossier arthrite n’est pas un progiciel ‘totalement’ neuf. « Ce ne serait pas très réaliste car beaucoup trop cher. Ce n’est pas réalisable en raison de la grande diversité parmi les rhumatologues et de leurs activités dans différents réseaux. »

Le dossier arthrite consiste par contre bien à proposer des solutions informatiques aussi universelles que possible au sein du réseau déjà existant. « Concrètement, cela implique donc une adaptation des systèmes existants, de préférence de manière aussi universelle que possible et avec une intégration sans rupture dans ces systèmes pour réaliser les objectifs pour lesquels nous avons besoin de l’informatique », dit encore Luc De Clercq.

LE DOSSIER ELECTRONIQUE DANS LA PRATIQUE JOURNALIERE

« L’utilisation d’un dossier médical électronique (DME) permet au rhumatologue d’améliorer plus aisément la qualité des soins journaliers », dit le Prof. Patrick Verschueren (UZLeuven). « A la lumière des nouvelles connaissances stratégiques concernant le traitement des patients présentant une arthrite chronique, les nouvelles formes de rémunération et l’enregistrement légal obligatoire en cas d’utilisation de thérapies biologiques, une appréciation régulière du traitement en cours à l’aide des mesures de l’activité de la maladie et de la fonctionnalité est essentielle. »

Le Prof. Verschueren signale que les instruments utilisés pour ces mesures, comme le score DAS et le HAQ sont complexes et exigent, à coté de l’enregistrement systématique de toute une série de données, également pas mal de calculs compliqués. « De ce fait, ils peuvent uniquement être utilisés dans la pratique journalière s’ils sont intégrés dans un programme informatique qui reproduit immédiatement les scores et peut les rapporter de manière cumulée. Des rapports de ce type sont également utiles pour l’éducation du patient et motivants pour la fidélité à la thérapie. »

Dans de nombreux cas, l’information saisie schématiquement (par exemple les résultats des articulations) peut être simplement traduite par le système informatique en un rapport textuel valable, des attestations peuvent alors aisément être générées et des systèmes d’assistance informatiques peuvent aider à simplifier les procédures administratives.

Un DME offre au rhumatologue un cadre fixe dans lequel l’information tant statique que dynamique du patient peut être stockée mais peut également être aisément retrouvée. « Cela favorise l’uniformité et la complétude du dossier et facilite les soins multidisciplinaires au patient et un éventuel échange des données scientifiques grâce à une meilleure accessibilité de l’information disponible », déclare Patrick Verschueren. •